15.04.2010

Questions de principe

Alors qu'on apprend que la direction de Peugeot envisagerait la fermeture d'un site de pièces détachées à Melun-Sénart, se repose la sempiternelle question des engagements de sociétés privées vis-à-vis de l'Etat et de la société civile.

Tout se passe comme si on redécouvrait, à chaque nouvelle affaire, que les entreprises ne fonctionnent pas en termes de principes éthiques, mais selon d'autres modalités que tout le monde connait pourtant par coeur : la rentabilité, la productivité. Rien d'étonnant, donc, à ce qu'une entreprise telle que Peugeot, fleuron de l'industrie française, après avoir reçu de l'Etat des sommes importants pour soutenir leur activité au cœur d'une crise grave (près de 3 milliards pour l'industrie automobile française) et s'être "engagée" à maintenir tous leurs sites nationaux, veuille changer aujourd'hui de stratégie. C'est que ce qui se cache sous le concept d'"engagement" n'a rien d'un "principe éthique" en quelque sorte immuable, mais d'une stratégie de politique industrielle à plus ou moins court terme.

Ce qui se révèle plus inquiétant est le message qu'a voulu transmettre le gouvernement. A faire croire que le politique a réellement repris la main sur le fonctionnement largement autonome (quoique...) des entreprises, il s'expose à de grandes désillusions, ce qui ne peut qu'augmenter le discrédit qui pèse déjà lourdement sur les épaules des dirigeants politiques, quelque soit leur bord.

L'"affaire Peugeot", telle qu'elle pourrait très bientôt apparaître sous la plume ou au micro des journalistes, ne fait que confirmer deux constats : d'une part, l'économie dans son modèles capitaliste ignore dans les faits le contrôle du politique ; d'autre part, le discours consistant à faire croire l'inverse, même martelé par un Président volontariste (et convaincu ?), ne dupe plus personne. Ou presque...